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Guide · Soupes de nouilles

Différence entre ramen et pho : deux soupes, deux cultures

Bouillon, nouilles, garnitures, façon de manger : le ramen japonais et le phở vietnamien n’ont en commun que le bol. On les décompose couche par couche, avec respect pour les deux traditions.

Lecture 10 min

Bol de ramen japonais au bouillon doré, œuf mollet et chashu, servi chez Iwao à Marseille
En bref

La réponse en cinq phrases

Le ramen est une soupe de nouilles japonaise d’inspiration chinoise ; le phở est une soupe de nouilles vietnamienne née dans le nord du pays au début du XXe siècle. Les nouilles du ramen sont faites de farine de blé et d’eau alcaline (kansui), donc élastiques et jaunâtres ; celles du phở (bánh phở) sont des nouilles plates de riz, souples et translucides. Le bouillon du ramen se construit en trois couches — base, tare assaisonnante et huile aromatique — et se décline en shoyu, miso ou version épicée ; celui du phở est un bouillon clair parfumé aux épices grillées (anis étoilé, cannelle, gingembre, oignon brûlé). Le ramen arrive en cuisine déjà composé et se mange vite, tant que les nouilles sont fermes ; le phở se complète à table avec herbes fraîches, citron vert, pousses de soja et sauces. Un ramen-ya comme Iwao, à Marseille, sert du ramen et non du phở : ce sont deux métiers différents.

Le point de départ

« Une soupe asiatique avec des nouilles »

C’est la phrase qu’on entend le plus souvent, et elle n’est pas fausse : le ramen comme le phở arrivent dans un grand bol fumant, avec des nouilles, un bouillon et quelque chose posé dessus. Vu de loin, sur une photo ou une carte de livraison, la confusion est compréhensible. Beaucoup de personnes poussent la porte d’un ramen-ya en pensant trouver un phở, ou l’inverse.

Pourtant, ces deux bols viennent de deux pays, de deux cuisines et de deux manières de penser la soupe. Le ramen japonais est un plat de concentration : un bouillon puissant, un assaisonnement travaillé au fond du bol, des nouilles de blé qui ont du ressort. Le phở vietnamien est un plat de fraîcheur et d’équilibre : un bouillon limpide aux épices grillées, des nouilles de riz tendres et une poignée d’herbes que chacun ajoute à son goût.

Promesse de cet article : en cinq minutes, vous saurez distinguer les deux bols au premier coup d’œil et à la première cuillère. On compare les nouilles, le bouillon, les garnitures et le rituel, sans hiérarchie : on aime les deux, ils ne répondent simplement pas à la même envie.

Si vous découvrez le ramen, commencez par notre définition : qu’est-ce qu’un ramen ? Elle pose les bases que l’on compare ici au phở.

Le comparatif

Ramen et pho en un coup d’œil

Le tableau qui résume tout. Les grandes tendances, bien sûr : chaque région, chaque cuisinier a ses variantes.

CritèreRamen (Japon)Phở (Vietnam)
OrigineJapon, d’inspiration chinoise, devenu plat national au XXe siècleNord du Vietnam, début du XXe siècle
NouillesBlé + eau alcaline (kansui) : jaunâtres, élastiques, rondes ou onduléesRiz (bánh phở) : plates, blanches, souples et translucides
BouillonPorc, poulet, poisson ou légumes ; clair (chintan) ou trouble (paitan)Bœuf ou poulet, clair, parfumé aux épices grillées
AssaisonnementTare au fond du bol (shoyu, miso, sel) + huile aromatiqueSauce de poisson, épices (anis étoilé, cannelle, gingembre, oignon brûlé)
GarnituresChashu, œuf mariné, menma, nori, ciboule… posés en cuisineFines tranches de bœuf ou poulet ; herbes, citron vert, soja ajoutés à table
Façon de mangerVite et chaud, nouilles aspirées, baguettes + cuillèreOn assaisonne son bol soi-même, baguettes + cuillère, à son rythme

Retenez la règle d’or : nouilles jaunes et élastiques = ramen ; nouilles blanches et plates de riz = phở.

Les racines

Deux origines, un ancêtre commun ?

Les deux soupes ont grandi dans des pays différents, mais toutes deux s’inscrivent dans la grande famille asiatique des soupes de nouilles, où la Chine tient une place centrale.

01

Le ramen : chinois d’inspiration, japonais d’adoption

Le ramen descend des soupes de nouilles de blé apportées par les cuisiniers chinois installés dans les ports japonais. Longtemps appelé « soba chinois », il s’est transformé au fil du XXe siècle jusqu’à devenir un plat national, décliné en styles régionaux.

02

Le phở : une soupe du nord du Vietnam

Le phở est né dans le nord du Vietnam au début du XXe siècle, autour d’un bouillon de bœuf et de nouilles de riz. Il s’est ensuite diffusé dans tout le pays, avec un style du Nord plus épuré et un style du Sud plus garni d’herbes et de sauces.

03

Et la soupe de nouilles chinoise ?

La Chine connaît une multitude de soupes de nouilles, de blé ou de riz, tirées à la main ou coupées. Elle est l’ancêtre direct du ramen ; pour le phở, les influences évoquées sont multiples et les historiens ne s’accordent pas sur une filiation unique.

La différence entre ramen et soupe chinoise tient surtout à l’évolution : le ramen a gardé la nouille de blé alcalin, mais le Japon a développé sa propre architecture de bol (bouillon, tare, huile, garnitures codifiées) et ses écoles régionales. Une soupe de nouilles chinoise reste un univers à part, très varié, avec ses bouillons légers, ses nouilles tirées et ses assaisonnements locaux.

Pour retracer le chemin du ramen, de la Chine aux comptoirs de Tokyo, lisez notre histoire du ramen : on n’y revient pas ici pour rester sur la comparaison.

Nouilles de ramen jaunes et élastiques dans un bol avec œuf mollet, chashu, maïs et algues, chez Iwao à Marseille

La nouille

Les nouilles : blé alcalin contre riz

Nouilles de ramen : farine de blé et eau alcaline

La nouille de ramen se fabrique avec de la farine de blé et une eau alcaline appelée kansui. Ce détail change tout : l’alcalinité resserre le gluten, donne cette teinte jaunâtre caractéristique (sans œuf, le plus souvent) et cette mâche élastique, presque rebondissante. Selon le style, elle est fine et droite, épaisse ou ondulée pour retenir le bouillon.

Bánh phở : nouilles plates de riz

Le phở utilise des nouilles de riz plates, les bánh phở. Faites à partir de farine de riz et d’eau, elles sont blanches, souples et légèrement translucides une fois cuites. Elles n’ont pas le « ressort » d’une nouille de blé : leur texture est douce, glissante, et elles s’effacent derrière le bouillon.

Ce que ça change en bouche

Dans un ramen, la nouille est un acteur principal : on la mâche, on sent sa fermeté, elle accroche le bouillon gras et l’huile. Dans un phở, la nouille est un support tendre qui laisse la vedette aux épices et aux herbes. C’est aussi pour cela que le ramen se mange vite — une nouille de blé qui trempe trop longtemps ramollit — alors que le phở supporte un rythme plus tranquille.

Bol de ramen japonais au bouillon profond avec tranches de chashu, œuf mollet et ciboulette, chez Iwao

Le cœur du bol

Le bouillon : la vraie ligne de partage

Si vous ne deviez retenir qu’une différence, ce serait celle-ci. Les deux bouillons demandent des heures, mais ils ne cherchent pas la même chose.

Ramen : bouillon + tare + huile aromatique

Un ramen n’est pas un bouillon assaisonné dans la marmite : c’est un assemblage. Au fond du bol, le cuisinier dépose une tare, un concentré salé (sauce soja, miso ou sel) qui donne au bol son nom et son caractère. Il verse le bouillon par-dessus, puis ajoute une huile aromatique qui parfume la surface. Le résultat est intense, rond, parfois très riche.

Le détail de ces trois couches est expliqué dans bouillon ramen maison : les 3 couches.

Phở : un bouillon clair aux épices grillées

Le bouillon du phở est généralement préparé à partir d’os de bœuf (phở bò) ou de poulet (phở gà), écumé avec soin pour rester limpide. Sa signature, ce sont les aromates grillés ou brûlés avant d’être plongés dans la marmite : anis étoilé, bâton de cannelle, gingembre, oignon noirci à la flamme. On l’assaisonne dans la marmite, souvent avec de la sauce de poisson. Il est parfumé, léger en bouche, presque cristallin.

Le ramen se décline par assaisonnement

Parce que la tare est indépendante du bouillon, un même ramen-ya peut servir plusieurs bols très différents : un shoyu à la sauce soja, un miso plus profond et plus rond, une version épicée au sésame. Le phở, lui, se décline surtout par la viande (bœuf, poulet) et par ce que chacun ajoute à table.

Pour aller plus loin : la différence entre ramen shoyu et miso, et qu’est-ce que le tantanmen ? pour la version relevée.

Le rituel

Garnitures et rituel de dégustation

  • Ramen : le bol arrive composé

    Dans un ramen-ya, le bol est monté en cuisine selon une recette précise : chashu, œuf mariné, pousses de bambou (menma), feuille de nori, ciboule. Le cuisinier a pensé l’équilibre pour vous. On commence souvent par goûter le bouillon, puis on attaque les nouilles sans traîner, tant qu’elles sont fermes. Un ramen se mange en une dizaine de minutes, chaud.

  • Phở : le convive finit le bol à table

    Le phở arrive avec son bouillon, ses nouilles et sa viande, souvent de fines tranches de bœuf qui cuisent au contact du bouillon brûlant. À côté, une assiette d’herbes fraîches (basilic thaï, coriandre…), des quartiers de citron vert, des pousses de soja, du piment et des sauces. Chacun assaisonne son bol, bouchée après bouchée.

  • Baguettes, cuillère, aspiration : les codes

    Dans les deux cas, on mange avec des baguettes et une cuillère. Au Japon, aspirer bruyamment ses nouilles est admis et même vu comme un signe d’appréciation : cela refroidit la nouille et libère les arômes. Pour le phở, les usages sont plus libres, on porte souvent les nouilles à la cuillère avant de les manger.

Tous les gestes utiles sont dans comment manger un ramen et dans notre guide de l’étiquette au restaurant japonais.

Ramen épicé arrivé composé en cuisine, viande hachée, légumes verts, œuf mollet et sésame, chez Iwao à Marseille
Ramen végétal aux tranches de citron, œuf mollet et algues wakamé servi chez Iwao à Marseille

Sans viande

Ramen végétarien ou pho végétarien ?

Bonne nouvelle : les deux existent. Le phở végétarien (phở chay) remplace le bouillon d’os par un bouillon de légumes, souvent enrichi de champignons et toujours parfumé aux mêmes épices grillées, avec du tofu à la place de la viande. Il garde sa légèreté et sa fraîcheur herbacée.

Le ramen végétarien, lui, doit relever un vrai défi : retrouver la rondeur et la profondeur d’un bouillon de porc ou de poulet sans aucune protéine animale. Les cuisiniers jouent alors sur le miso, le lait de soja, l’huile de sésame et les légumes pour obtenir un bol généreux. C’est un ramen à part entière, pas une version au rabais.

On vous explique les techniques dans ramen végétarien, c’est quoi ? — et chez Iwao, c’est le Yasai Miso, bouillon au lait de soja et huile de sésame, qui tient ce rôle.

La grille

Ramen ou pho : lequel choisir ?

Plutôt que de chercher le « meilleur », partez de votre envie du moment.

  • Envie d’un bouillon riche et intense

    Ramen, sans hésiter : un miso ou un bouillon trouble, gras et profond, qui tient au corps.

  • Envie de léger et d’herbacé

    Phở : bouillon clair, épices douces, herbes fraîches et citron vert. Côté ramen, un shoyu clair est le plus proche.

  • Envie d’épicé

    Les deux savent faire : un tantanmen côté ramen, du piment frais et de la sauce pimentée ajoutés à table côté phở.

  • Envie d’un plat consistant

    Ramen : nouilles de blé, chashu, œuf mariné et toppings en font un vrai repas complet.

Une fois le ramen choisi, reste à trouver votre bol : suivez notre guide comment choisir son ramen.

Salle du restaurant Iwao à Marseille au décor de ruelle de Tokyo, arche et lanternes rouges

À Marseille

Où goûter un vrai ramen à Marseille ?

Chez Iwao, rue Sainte, dans le 1er arrondissement (13001), à deux pas du Vieux-Port. Les bouillons y sont faits maison, sur place, et chaque bol est monté à la commande. La carte est volontairement courte : cinq ramens signature — Shoyu, Miso, Yasai Miso, Asari aux palourdes et Tantanmen — plus un ramen enfant pour les plus jeunes.

Le décor reprend une ruelle de Tokyo, lanternes rouges comprises. Les clients lui accordent une note Google de 4,6/5 sur 755 avis.

Précision honnête : Iwao est un ramen-ya, et ne sert pas de phở. Si c’est un phở qui vous fait envie, tournez-vous vers un restaurant vietnamien ; si c’est un ramen, vous êtes au bon endroit.

Tout sur notre approche du ramen authentique à Marseille, et le détail des bols sur la carte.

FAQ

Questions fréquentes

Le pho est-il un ramen ?
Non. Le phở est une soupe vietnamienne aux nouilles plates de riz et au bouillon clair parfumé aux épices grillées. Le ramen est une soupe japonaise aux nouilles de blé alcalin, dont le bouillon est assaisonné par une tare (shoyu, miso, sel) et une huile aromatique.Lire aussi : qu’est-ce qu’un ramen ?
Lequel est le plus léger, le ramen ou le pho ?
En général le phở, grâce à son bouillon clair, ses nouilles de riz et ses herbes fraîches. Un ramen shoyu au bouillon clair reste cependant plus léger qu’un ramen miso ou qu’un bouillon trouble très riche.
Peut-on boire le bouillon ?
Oui, dans les deux cas, à la cuillère ou en portant le bol aux lèvres pour le ramen. Pour un ramen, rien ne vous oblige à le finir : le bouillon est concentré et salé, chacun s’arrête quand il veut.Lire aussi : comment manger un ramen
Ramen et pho sont-ils sans gluten ?
Le ramen non : ses nouilles sont faites de farine de blé, et la sauce soja contient souvent du blé. Le phở est généralement sans gluten pour les nouilles, faites de riz ; certaines sauces ajoutées à table peuvent toutefois en contenir, mieux vaut demander.
Quelle est la différence avec les udon et les soba ?
Udon et soba sont d’autres nouilles japonaises : l’udon est une nouille de blé épaisse sans eau alcaline, la soba une nouille de sarrasin. Elles se servent dans un bouillon léger au dashi, loin du phở comme du ramen.Lire aussi : différence ramen, udon et soba
Iwao sert-il du pho ?
Non. Iwao est un ramen-ya, rue Sainte à Marseille : la maison se consacre au ramen japonais, avec cinq ramens signature aux bouillons faits maison et un ramen enfant.
Pour aller plus loin

Passer de la théorie au bol

Maintenant que vous savez reconnaître un ramen d’un phở, découvrez comment nous préparons un ramen authentique marseille : bouillons tirés sur place, tare montée à la main et nouilles servies brûlantes.

Continue ?

Envie de tester la différence par vous-même ?

Venez goûter un bouillon maison chez Iwao, rue Sainte.

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