05Le cœur du bol
Le bouillon : la vraie ligne de partage
Si vous ne deviez retenir qu’une différence, ce serait celle-ci. Les deux bouillons demandent des heures, mais ils ne cherchent pas la même chose.
Ramen : bouillon + tare + huile aromatique
Un ramen n’est pas un bouillon assaisonné dans la marmite : c’est un assemblage. Au fond du bol, le cuisinier dépose une tare, un concentré salé (sauce soja, miso ou sel) qui donne au bol son nom et son caractère. Il verse le bouillon par-dessus, puis ajoute une huile aromatique qui parfume la surface. Le résultat est intense, rond, parfois très riche.
Le détail de ces trois couches est expliqué dans bouillon ramen maison : les 3 couches.
Phở : un bouillon clair aux épices grillées
Le bouillon du phở est généralement préparé à partir d’os de bœuf (phở bò) ou de poulet (phở gà), écumé avec soin pour rester limpide. Sa signature, ce sont les aromates grillés ou brûlés avant d’être plongés dans la marmite : anis étoilé, bâton de cannelle, gingembre, oignon noirci à la flamme. On l’assaisonne dans la marmite, souvent avec de la sauce de poisson. Il est parfumé, léger en bouche, presque cristallin.
Le ramen se décline par assaisonnement
Parce que la tare est indépendante du bouillon, un même ramen-ya peut servir plusieurs bols très différents : un shoyu à la sauce soja, un miso plus profond et plus rond, une version épicée au sésame. Le phở, lui, se décline surtout par la viande (bœuf, poulet) et par ce que chacun ajoute à table.
Pour aller plus loin : la différence entre ramen shoyu et miso, et qu’est-ce que le tantanmen ? pour la version relevée.